Quand le soleil devient rouge, au crépuscule de ta vie,
Que tes doigts, longs et minces, par le froid sont blanchis,
Peux-tu me dire ce qui te fait ainsi frémir :
Est-ce d'arrêter de vivre, ou juste de mourir ?
Tu as relaté ton existence sur ces feuilles jaunies,
Ces parchemins déchirés, tels des ouvrages maudits.
Mais dis-moi, que t'ont apporté ces longues heures à écrire,
Ces nuits à gratter le papier, juste pour le noircir ?
Tu as perdu ton temps et ta jeunesse sur ce bureau
A laisser courir ta plume, pour quelques simples mots.
Maintenant, regarde-toi, vieillard que tu es :
Ne regrettes-tu donc pas ce que tu as fait ?
Tu as toujours su que personne ne te lirait,
Pourtant, jour après jour, tu as continué...
La tête dans les étoiles, ta vieille plume à la main,
Comme un enfant tu rêvais, avec un air serein.
Mais aujourd'hui je suis là, ta sérénité n'est plus.
Comme pour beaucoup, je fus une muse aux pieds nus
Courant dans le froid, toute vêtue de noir.
Mais maintenant à tes côtés, tu refuses de me voir !
Il est temps d'ouvrir tes yeux dont le bleu a pâlit
De suivre mes pas que tu as si souvent décrits.
Je ne suis pas l'amante dont tu as toujours rêvé,
Je suis juste la mort, qui à la vie vient t'enlever.
Hirildae


